Quand sportifs et scientifiques font équipe !

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Recherches scientifiques et sportLes Jeux Olympiques, le tournoi des VI nations et bientôt la Coupe du Monde de foot… Les sports attirent un public élargi, du pratiquant qui joue à deviner l’attribution des médailles au novice qui admire le spectacle. Les chercheurs aussi s’y intéressent de près… mais pas pour les mêmes raisons. En France, le CNRS dirige une « trentaine d’équipes qui scrutent et décortiquent les performances des hommes et les modes de fonctionnement » du sport, apprend-t-on dans le Journal du CNRS. Il suffit de lire les titres du dossier pour voir que le sport draine beaucoup d’intérêt(s) : « des recherches pour gagner », « show et business », « dopage », « le sport sous la coupe de l’économie »…

On comprend pourquoi les centres de recherche mettent le paquet sur de nombreuses disciplines, à l’image des Canadiens. Ainsi, un programme nommé « A nous les podiums » (ben voyons :-) ) « a bénéficié d’un montant global de 110 millions de dollars canadiens [environ 77 millions d'euros] (…) 17 universités et centres de recherche canadiens » ont retroussé leurs manches pour améliorer les performances des sportifs engagés aux Jeux Olympiques de Vancouver. L’équipement mis à la disposition des chercheurs est impressionnant : « soufflerie pour améliorer l’aérodynamisme des mouvements (…) rampe d’entrainement pouvant s’incliner jusqu’à 30° ou propulser les sportifs jusqu’à 60 km/h (…) simulateur de blessure aux genoux » (oui, c’est toujours mieux que d’en péter des vrais juste pour voir. A ce sujet, voir cet article). Tout ça, rien que pour habiller et équiper leurs chers (au propre comme au figuré) sportifs : « textiles qui limitent la friction avec l’air [pour] concevoir des combinaisons performantes (…) planches de snowboard aux bords surélevés en composites laminés de carbone (…) ski articulable pouvant s’adapter à tous les sportifs handicapés (…) casque permettant de mieux protéger la colonne vertébrale en cas de choc important »… Et les scientifiques n’ont pas oublié de s’amuser, avec « la plus grande étude jamais réalisée sur le curling », qui a déterminé les mouvements les plus efficaces lors du lancer de la pierre et du frottage de la glace (bon, OK, c’est pas bien de se moquer).

Ces recherches montrent l’avance technologique et culturelle des sports d’hiver sur les sports collectifs, en termes d’ouverture aux sciences. « Les skieurs sont en avance sur les footballeurs » en ce qui concerne la sophrologie, explique Cécile Traverse sur son blog du Monde. C’est vrai qu’on voit plus souvent les skieurs « répéter leur course dans leur tête avant de prendre le départ » que des footballeurs assis sur la touche, les yeux fermés, en train de réfléchir à la meilleure façon de faire un petit pont à leur adversaire.

Mais ça évolue, comme par exemple dans le « sport de brutes joué par des gentlemen », le rugby pour ceux qui ne suivent pas. Marcoussis a depuis peu des airs de science-fiction, avec les tests d’une « araignée de fer », en fait un « simulateur de mêlée [composé d’un] robot hexapode associé à des capteurs, un simulateur de vol converti en transformateur d’efforts [et] six vérins électriques ». Le but de cette véritable machine de guerre ? « A l’origine, (…) analyser les risques d’accident en mêlée et (…) les prévenir, notamment au niveau du rachis cervical ». Mais les stratèges du ballon ovale ont vite vu qu’ils pouvaient « utiliser la machine à des fins d’entraînement ». Ce simulateur sera bientôt capable de « reproduire très exactement la mêlée anglaise [ou d’autres] en fonction des joueurs précis qui la composent, en intégrant au simulateur des données relatives à leur morphologie et à leur posture ». Carnages en vue !

Pour compléter la panoplie, on trouve également les jeux vidéo et la réalité virtuelle. Un article de la revue Science Ouest nous indique ainsi que l’université de Rennes 2 mène des « recherches sur l’analyse du mouvement dans le milieu du sport », notamment le handball, le rugby que la natation. Le but du « jeu » ? « Tester de façon rigoureuse les hypothèses plus intuitives des entraîneurs ». Enfin, des générations de joueurs qui ne seront plus brimées par des entraîneurs trop imaginatifs. Leurs avatars souffriront pour eux ! :-)

Et du côté des athlètes handicapés ? Vous connaissez certainement Oscar Pistorius, amputé des deux jambes et triple médaillé d’or des jeux Paralympiques en 2008. Ses prothèses ultralégères lui permettent même de surclasser les valides. Les exemples sur ce thème sont d’ailleurs très nombreux et pas que dans le sport. L’armée développe en effet des prothèses et équipements futuristes pour ses vétérans handicapés. Le dernier exemple en date (et non le moindre), celui d’un aveugle qui voit avec… sa langue.

Après tous ces tests et entraînements, nos sportifs ont droit à un peu de repos. Vous les avez sans doute déjà vus se plonger dans des bacs remplis de glaçon, pour que leurs muscles récupèrent. L’Insep va plus loin, avec sa chambre de cryothérapie, filmée pour le site Universcience.

Peut-on aller encore plus loin (plus haut, plus fort) ? Bientôt le super-athlète génétiquement modifié ? D’après Sophie Allard, ce n’est pas pour tout de suite. Mais des recherches sur les rongeurs sont néanmoins en cours. Il faut dire que les perspectives – encore très très lointaines- sont alléchantes : « améliorer le transport de l’oxygène, augmenter les capacités cardiaques, optimiser le développement des fibres musculaires et mieux gérer l’énergie métabolique ». Ainsi, Louis Pérusse et son collègue Claude Bouchard, chercheurs en génétique à l’Université Laval « sont les instigateurs d’une carte génétique de la performance sportive », mise à jour tous les deux ans, où ils répertorient tous les gènes impliqués dans la performance physique. Mais « les gènes en cause sont trop nombreux [plus de 200 recensés à ce jours] et ils n’ont pas tous le même potentiel » pour qu’on puisse en cibler précisément. Et bien entendu, il y a encore « trop de risques et d’effets secondaires mal maîtrisés », sans oublier que pour devenir un champion, de « bons » gènes ne suffisent pas. Il faut s’entraîner… Alors à vos shorts !

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