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Sport et Ramadan : Un vrai dilemme ...

Article apparu dans ESSOR MAGAZINE, N° 45, JUILLET-AOÛT 2010

Durant le Ramadan, l'activité sportive est devenue un rituel juste avant le Ftour et ce, pour bon nombre de jeûneurs. Seulement, l'effort physique à jeûne n'est pas sans incidences sur la santé physique ...

Sport et Ramadan"Le corps en état de jeûne se trouve contraint de rechercher de l’énergie dans ses réserves pour les transformer en énergie utilisable. Cette transformation entraine la formation de déchets, qui devront être éliminés. A cela, s’ajoutent les conditions du milieu environnant (climat, travail, effort physique,…)", explique Dr. Ahmed ELMAHMOUDI, spécialise en médecine du sport. Le jeûne produit divers effets sur le corps : fatigue, irritabilité, diminution de la vigilance, dépression, troubles gastriques, hypotension, troubles cardiaques et diminution du rendement. L’observance du Ramadan doit alors se faire en toute prudence, en prenant en compte l’état de santé du corps (diabète, cardiaque, ulcère, pathologie chronique,…), l’effort physique fourni durant le travail, et les conditions de l’environnement (durée du jeûne, rituels alimentaires,…). En somme, le jeûne entraîne une baisse du rendement et consomme de l’énergie ! Alors, comment le Ramadan peut-il être une période appropriée à un effort physique supplémentaire, comme le pense la majorité ? La plupart des médecins et biologistes en relation avec la médecine du sport sont catégoriques : "Le jeûne est parfaitement incompatible avec le sport".

Déshydratation, hypoglycémie,…

Un corps non hydraté ni nourri épuise rapidement ses réserves énergétiques et s’expose à un état de grande faiblesse. Les efforts fournis lors de l’exercice physique peuvent mettre en péril la santé du jeûner. Il peut, par exemple, subir une crise d’hypoglycémie, qui peut mener au coma, voire la mort. Et la prévention de ce trouble nécessite la consommation de sucres. Il faut savoir que le meilleur moment pour pratiquer une activité sportive est celui qui intervient trois heures après le repas. De plus, "un corps a besoin de 250ml d’eau chaque 15 à 20 minutes. De ce fait, le jeûne est incompatible avec l’absence de compensation de la déshydratation", affirme Dr. Hichame MOUTAOUAKIL, secrétaire général de l’Association Régionale de Médecine du Sport (ARMS) de la région de Rabat, Salé, Zemmour, Zaer et médecin de la Fédération Royale Marocaine des Sport Aérobics et Fitness. La déshydratation peut causer une "hyperthermie maligne de l’effort" (coup de chaleur à l’effort pouvant entraîner un décès par arrêt cardiaque). Sans apport hydrique et sans alimentation, cela peut favoriser des tendinites, des déchirures musculaires ou de claquages. Ce manque d’eau peut aussi provoquer des perturbations biologiques, à cause de l’accentuation des déchets dans le sang et de l’hypoglycémie… et le symptôme le plus visible chez le sportif jeûneur est la diminution de la condition physique… Cependant, tous ces efforts perturbateurs ne peuvent justifier l’arrêt du sport durant ce mois sacré. Car personne ne peut nier qu’il est bénéfique pour le corps. Il faut juste suivre les conseils des spécialistes !

La modération s’impose

"Pour le sport de loisirs, on recommande2 à 3 heures après la rupture du jeûne avec une alimentation équilibrée, riche et variée", explique Dr. H. MOUTAOUAKIL. Il est donc possible de continuer à pratiquer votre activité sportive, adaptée à votre organisme, à une cadence ajustée au rythme de votre corps durant ce mois. Cependant, il ne faut pas négliger de s’hydrater le soir ! Pour le sport professionnel, pratiquer une activité sportive, un entraînement ou une compétition sans manger ni boire de l’aube au coucher du soleil, c’est exposer sa santé à des risques majeurs. Donc, la vigilance reste de mise et la collaboration avec l’entraineur, le médecin du sport et le staff technique est nécessaire pour qu’ils tiennent compte de cette situation. "Programmer des entrainements et des compétitions pendant cette période reste peu compatible avec une diététique sportive de haut niveau et avec la notion de performance, qui peut être optimisée grâce à l’implication, la persévérance et le suivi des conseils du médecin" explique Dr. A. ELMAHMOUDI. Alors, prudence ! Le sport durant le Ramadan ? Oui mais avec modération !

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