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Parutions ARMS : TelQuel

Rubrique Sport-Médecine
Titre

Sport : SOS Médecins

Auteur Meryem Saâdi
Date 12 Avril 2009
Article

Les résultats mitigés de nos sportifs ont-ils un lien avec le manque d’encadrement médical ? C’est ce qu’affirment les médecins du sport, qui tirent la sonnette d’alarme. Eclairage.

Parution ARMS : TELQUELVendredi 10 avril, siège de l’Ordre national des médecins à Rabat. Un attroupement se forme autour de l’ancien footballeur Nouredine Naybet et de Boujemaâ Zahi, médecin des Lions de l’Atlas pendant douze ans, rejoints quelques minutes plus tard par Roger Lemerre, l’entraîneur du onze national. Ce dernier n’hésite pas à prendre des photos avec ceux qui le lui demandent, en attendant le début de la conférence du professeur Rochcongar. Le président de la Société française de médecine du sport, ancien médecin de l’équipe de France de football, a été sollicité par l’Association de médecine du sport de la région de Rabat (ARMS), pour exposer son expérience concernant la médecine du sport de haut niveau. Un domaine qui n’a pas encore acquis ses lettres de noblesse au Maroc, loin s’en faut.

Manque de conscience

Le Maroc compte 350 médecins du sport, qui ont tous effectué leur spécialité à l’étranger, celle-ci étant encore inexistante dans notre pays. Pendant trois ans, ils ont étudié la cardiologie, la physiologie, la traumatologie ou encore la pneumologie du sport. Ces médecins polyvalents savent donc exactement comment réagir en cas d’urgence sur un terrain de football ou un court de tennis. D’après l’Ordre des médecins, 85% d’entre eux travaillent dans le service public. Mais pas toujours là où on les attend le plus. Plusieurs sont rattachés à des hôpitaux militaires, ou encore à des brigades d’infanterie, de gendarmerie ou de parachutistes. Seule une petite poignée travaille avec les fédérations sportives. Et dans des conditions pas toujours très claires. D’après un sondage réalisé par l’ARMS en 2008, 70% des fédérations marocaines ne font pas appel au service d’un médecin. Même constat chez 98% des 2950 clubs que compte le Maroc, toutes disciplines confondues. Les 2% restants qui ont compris l’importance de l’encadrement médical regroupent les grands clubs du GNF 1. Ces chiffres donnent froid dans le dos, lorsque l’on sait que les accidents cardiaques sont fréquents dans le monde sportif, aussi bien dans le football que dans l’athlétisme ou le cyclisme. Mais la mort sur la pelouse et en direct à la télévision, en 2001, du joueur wydadi Youssef Belkhouja n’a pas suffit a marquer les esprits. La preuve, les rares clubs qui ont recours à des médecins du sport les emploient généralement à mi-temps ou avant des compétitions importantes, souvent sans signer aucun contrat. La plupart des dirigeants et des entraîneurs, qui ne pensent qu’à la performance et aux économies financières, peuvent ainsi se séparer d’eux n’importe quand, pour n’importe quelle raison. “Un de mes collègues s’est fait virer après avoir demandé à un joueur de faire une IRM, examen jugé trop coûteux par la direction de son club”, raconte un médecin. L’état de santé des athlètes est alors souvent jugé “à l’œil”.

Exit la prévention

“Nous sommes surtout sollicités lorsqu’un sportif est blessé. Les dirigeants n’ont pas encore compris que la prévention est le meilleur moyen pour éviter les accidents, et qu’elle peut aussi avoir un impact positif sur les performances”, explique Amine Dorhmi, président de l’ARMS et médecin de l’équipe nationale de rugby. “La preuve : notre délégation aux Jeux Olympiques de Pékin ne comportait qu’un kinésithérapeute pour 80 athlètes. Pourquoi s’étonner alors de notre débâcle ?”, poursuit-il. Nos sportifs ont-ils conscience de l’importance du rôle de l’encadrement médical ? Pas toujours. “Aux Jeux Olympiques d’Athènes de 2004, l’équipe de football, menée par Mustapha Madih, mangeait des pizzas la veille des matchs, ce qui explique leur apathie le lendemain sur les terrains”, se rappelle un médecin du sport. La solution ? Que l’Etat prenne ses responsabilités. Tout d’abord en obligeant toutes les fédérations à avoir des médecins du sport à plein temps. Et aussi en mettant en place des centres médico-sportifs dans toutes les régions du Maroc, et enfin en intégrant des services de médecine du sport dans les grands CHU du pays. Comme cela est le cas en France par exemple. Le jeu en vaut clairement la chandelle. D’autant que les médecins spécialisés en sport ne manquent pas. “Ces dernières années, plusieurs médecins du sport sont allés travailler en France ou dans les pays du Golfe puisque la demande y est plus importante qu’ici”, déplore Dorhmi. On connaît le remède, reste à le prescrire.

Législation. Loin du compte

L’Etat a encore un long chemin à parcourir pour donner à la médecine du sport le poids qu’elle mérite, sur le terrain et dans les textes de loi. En France par exemple, la médecine sportive est réglementée de manière stricte, détaillée par trois lois différentes et intégrée à la fois dans le Code de la santé publique et dans celui du sport. Mieux encore, l’Hexagone possède plus de 300 bureaux régionaux de médecine sportive, ouverts à tous les athlètes, amateurs ou professionnels. Au Maroc, la réalité est toute autre. La loi relative au sport, datant du 19 juillet 1989, ne donne pas une grande importance à la médecine sportive. Par ailleurs, les médecins du sport n’ont aucune représentativité au sein du ministère de la Santé. Quant au ministère de la Jeunesse et des Sports, il ne compte que cinq médecins sportifs qui sont censés gérer les 43 fédérations du pays. Mais cette lacune ne semble pas être au centre des préoccupations du ministère de Nawal El Moutawakil. “La nouvelle proposition de loi relative au sport relègue l’encadrement médical à l’article 106, consacré à tout ce qui est divers, s’insurge Dorhmi. Nous allons émettre notre avis au ministère, parce que nous ne pouvons pas accepter cette régression sans rien faire”.

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